Carnet décalé

Tout ce qui peut gâcher des vacances au ski (et qu'on racontera au coin du feu)

Les vacances au ski, c'est magique. Sauf quand il faut mettre les chaînes à 5 km de la station dans le froid et sans gants, que la plaque de glace vous attend en sortie de télésiège et qu'il n'y a plus d'eau chaude pour la douche du soir. Petit inventaire, tendre et moqueur, de toutes les tuiles qui guettent votre séjour à la neige : parce qu'une bonne galère de ski, ça se raconte encore mieux qu'une belle poudreuse.

Niveau de gravité

Ça caille

Potentiel fou rire

Élevé (au coin du feu)

Remède

Une raclette et de l'humour

Vous avez tout prévu. Les forfaits réservés, les skis fartés, la doudoune sortie du placard et les enfants surexcités à l'idée de dévaler leur première piste. Et puis l'hiver, ce grand blagueur, décide que non, ce ne sera pas si simple. Une plaque de glace vous cueille à la sortie du télésiège, vos bâtons prennent leur indépendance sous le téléski, et le soleil transforme votre visage en négatif photo.

Rassurez-vous : aucune de ces tuiles n'a jamais empêché personne de rechausser les skis l'hiver suivant. Au contraire. Voici notre inventaire, moment par moment, de tout ce qui peut mal tourner sur les pistes. À lire avant de partir pour en sourire, ou après, une fondue sur le feu, pour se consoler.

La route blanche

Le trajet, ou la route des vacances blanches

Tout commence par la montée en station. Et la montée en station, en plein hiver, a le sens du suspense.

  • La valise oubliée dans le train : elle, au moins, elle voyage au chaud. Pendant que vous débarquez avec une seule paire de chaussettes de rechange, votre équipement de ski file vers une gare inconnue.
  • Les chaînes qu'on ne sait pas monter : agenouillé dans la neige fondue, notice à l'envers, doigts gelés, pendant que la file de voitures derrière vous s'allonge et s'impatiente. Un grand moment de solitude, à moins d'un voisin bienveillant.
  • Le bouchon du samedi de transhumance : toute la France change de semaine le même jour. Trois heures pour les vingt derniers kilomètres, à admirer les mêmes sapins et à réévaluer sérieusement l'idée de partir un dimanche.

Le moment de vérité

L'arrivée au chalet, ce moment de vérité

Vous y êtes presque. La clé tourne dans la serrure gelée. Et là, le destin joue sa dernière carte.

  • L'appartement loué à deux familles à la fois : vous poussez la porte, une autre tribu range déjà ses skis dans l'entrée. Moment de flottement, sourires gênés, et cette question existentielle : qui a la vraie réservation ?
  • Le chalet pas franchement nickel : sur les photos, il brillait. En vrai, les locataires précédents ont laissé un petit souvenir dans chaque recoin. On sort l'éponge, on râle, on finit par en rire (au bout du troisième seau).
  • Le studio glacial à l'arrivée : personne n'a chauffé depuis trois semaines. On garde bonnet et doudoune à l'intérieur, on pousse les radiateurs à fond, et on attend une bonne heure avant de sentir à nouveau ses orteils.

Skis aux pieds

Sur les pistes, l'aventure continue

Skis aux pieds, forfait dans la poche ? Parfait. La montagne peut enfin déployer tout son sens de la comédie.

  • La fixation mal réglée qui vous fait déchausser : en plein virage, le ski part faire sa vie tout seul. Vous continuez sur une jambe, façon flamant rose paniqué, avant l'atterrissage tout en grâce dans la poudreuse.
  • La plaque de glace en sortie de télésiège : tout le monde l'a vue. Sauf vous. Le débarquement se transforme en glissade incontrôlée, entraînant au passage deux inconnus et le perchman qui n'avait rien demandé.
  • La météo lunatique : soit il neige sans discontinuer et on ne voit pas le bout de ses spatules, soit pas un flocon de toute la semaine et des pistes plus brunes que blanches. Le juste milieu, lui, était la semaine d'avant.
  • Le bâton qui tombe sous le télésiège : vous voilà à redescendre à pied le récupérer, si toutefois vous vous souvenez sous quel pylône il a chuté.
  • Le groupe de l'ESF en travers de la piste : une file de petits bonnets colorés descend en accordéon, occupant toute la largeur. Vous cherchez le passage pendant trois cents mètres, façon slalom d'évitement grandeur nature.
  • Le télescopage avec le même skieur toute la semaine : sur des centaines de vacanciers, c'est toujours lui. À la troisième collision, vous vous reconnaissez de loin et vous vous saluez, presque gênés d'être devenus des habitués.
  • Le restaurant d'altitude blindé : midi pile, terrasse prise d'assaut, pas une table libre au soleil. Vous mangez votre sandwich debout, skis à la main, en surveillant la première place assise comme un vautour bienveillant.
  • Le portefeuille resté au chalet : découverte au moment de payer l'addition, après le vin chaud et la tartiflette. Négociation, gage, ou aller-retour express : le déjeuner d'altitude prend soudain des airs d'expédition.

Au ski, la plus belle journée n'est pas celle sans aucune galère, c'est celle qu'on raconte le soir, une raclette devant soi, en pleurant de rire.

De retour au chalet

De retour au chalet, le bouquet final

Les skis au râtelier, les joues rouges, on pensait la journée terminée. C'est mal connaître la loi des séries.

  • Plus d'eau chaude pour la douche : après une journée de grand froid, le dernier de la tribu à passer sous la douche découvre un filet glacé. Le cri qui suit résonne dans toute la station.
  • Plus une seule bière pour l'apéro : le drame se révèle pile à l'heure de trinquer. Il faut se rhabiller — doudoune, bonnet, chaussures — pour ressortir dans le froid. Consolation : on file au supermarché Sherpa de la station et on revient avec les meilleures bières de Savoie, une belle planche de charcuterie de montagne et de quoi accorder fromages de Savoie et bon verre (avec modération) : l'apéro y aura finalement gagné.
  • La plaque de verglas du soir : il y en a toujours une sur le chemin du retour, et elle est toujours pour vous. Petit patinage artistique involontaire devant le chalet, réception amortie par la poudreuse (ou pas).

L'épilogue

Le lundi matin au bureau

  • Le bronzage « masque de ski » : de retour au bureau, le contraste front blanc / joues cuivrées fait son petit effet. On corrige à la crème teintée en attendant que ça s'estompe, et on assume ce trophée de skieur assidu.
  • La tête encore sur les pistes : toujours en train de dévaler les pentes et de slalomer dans vos plus belles courbes, vous avez oublié votre présentation de 10 heures, et rien n'est prêt. C'est quand, la prochaine semaine au ski ? Et si on prolongeait, par précaution ?

De vrais conseils, promis

La FAQ des tuiles de l'hiver (avec de vrais conseils dedans)

Comment éviter de déchausser tout le temps en skiant ?

Le réglage des fixations n'a rien d'anecdotique : il dépend de votre poids, votre taille, votre pointure et votre niveau. On le fait vérifier chez un loueur ou un professionnel du ski en début de séjour, jamais au jugé. Une fixation trop serrée ne libère pas le pied en cas de chute, trop lâche elle vous fait déchausser sans arrêt : le bon réglage, c'est aussi de la sécurité.


Comment bien s'organiser malgré une météo capricieuse ?

On consulte le bulletin neige et météo de la station la veille au soir et le matin, et on adapte : jour de grand beau pour les sommets et les longues descentes, jour de chutes ou de brouillard pour les pistes en forêt, mieux balisées et plus lisibles. Et par mauvais temps, on n'hésite pas à s'offrir une matinée piscine, spa ou grasse matinée : ça fait aussi partie des vacances.


Comment éviter le fameux coup de soleil « masque de ski » ?

En altitude, le soleil tape fort et la neige réfléchit les rayons : on applique une crème solaire indice élevé sur tout le visage, y compris le nez, les oreilles et le cou, à renouveler dans la journée. Un baume à lèvres protecteur et de bonnes lunettes ou un masque complètent la panoplie. Résultat : un vrai bronzage homogène, et plus de front blanc au retour.

Chaînes récalcitrantes, plaque de glace et bronzage façon pochoir : rien de tout ça n'empêche le ski d'être merveilleux. Le seul vrai problème, au fond, c'est que les meilleurs moments passent toujours trop vite — et qu'il faudrait bien une deuxième semaine pour vraiment en profiter. Et vous, quelle est votre plus belle galère de neige ?

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