
Carnet responsable
Le pique-nique zéro déchet : profiter de la montagne sans rien lui laisser
Un casse-croûte face aux sommets, c'est l'un des grands plaisirs de l'été. À condition de repartir en ne laissant derrière soi que l'herbe aplatie. Voici comment réussir un pique-nique zéro déchet en montagne.
Il y a un chiffre qui devrait tous nous faire réfléchir : près de deux touristes sur trois pique-niquent au moins une fois par semaine pendant leurs vacances en montagne, et un tiers le font tous les jours. Le casse-croûte face au paysage, c'est le plaisir estival par excellence.
Multipliez ce geste par le nombre de vacanciers dans une vallée en plein mois d'août, et vous comprenez l'enjeu. Chaque emballage oublié, chaque épluchure « qui va se décomposer toute seule », chaque canette qui finit par tomber du sac à dos : à l'échelle d'une saison, ça fait des montagnes de déchets dans la montagne.
La bonne nouvelle, c'est qu'un pique-nique propre ne demande aucun effort une fois qu'on a pris deux ou trois réflexes. Voici lesquels.
Le principe de base
La règle d'or : tout ce qui monte redescend
C'est la seule règle vraiment non négociable, et elle englobe toutes les autres : ce que vous montez, vous le redescendez. En totalité.
Ça paraît évident, et pourtant c'est là que se jouent la plupart des oublis. Un papier de sandwich qui s'envole pendant qu'on range. Un bouchon qui roule dans l'herbe. Un mouchoir en papier abandonné derrière un rocher. Aucun de ces gestes n'est méchant, mais additionnés, ils transforment un sentier en dépotoir.
Le réflexe simple : un petit sac dédié aux déchets dans le sac à dos, systématiquement. On y met tout, y compris ce qu'on croit inoffensif, et on ne le vide qu'en bas, dans une vraie poubelle. Rien ne reste, rien ne s'envole.
Une idée reçue à combattre : « les déchets organiques, ça se décompose, je peux les laisser ». C'est faux en montagne, et on y consacre une section entière plus bas, parce que c'est l'erreur la plus répandue et la plus sincère.
Avant de partir
Le vrai levier : le réutilisable
La façon la plus efficace de ne pas produire de déchets, c'est de ne pas en emporter. Tout se joue au moment de préparer le sac, avant même de partir.
La gourde plutôt que la bouteille
C'est le geste numéro un. Une gourde ou une bouteille réutilisable remplie avant de partir remplace des bouteilles en plastique à usage unique, et en montagne, l'eau fraîche ne manque pas pour la remplir. C'est aussi plus économique sur une saison entière.
La boîte plutôt que le film
Une boîte hermétique réutilisable protège mieux un sandwich ou une salade qu'un film plastique ou une feuille d'aluminium, et elle ne finit pas en boule au fond du sac. Elle sert des centaines de fois. Les couverts réutilisables et une serviette en tissu, eux, pèsent quelques grammes et suppriment tout le jetable du repas.
Acheter la juste quantité
C'est là qu'un réflexe courses fait toute la différence : au rayon à la coupe, présent dans beaucoup de nos supermarchés Sherpa, on peut faire trancher la juste quantité de fromage ou de charcuterie et repartir avec le strict nécessaire. Acheter à la coupe, c'est déjà réduire ses déchets avant même de partir en balade. Pour composer le reste du panier, notre calendrier des fruits de l'été aide à choisir ce qui est vraiment à maturité.
Le principe général : chaque objet jetable de votre pique-nique a un équivalent réutilisable. Remplacez-les un par un, une fois, et le problème est réglé pour toutes les sorties suivantes.
La montagne n'a pas de service de nettoyage. Le seul ramassage qui existe, c'est celui que chacun fait de ses propres déchets.
Idée reçue
L'erreur que tout le monde commet : les déchets « naturels »
C'est le point le plus important de cet article, parce que c'est l'erreur commise de la meilleure foi du monde.
Jeter un trognon de pomme, une peau de banane, une écorce d'orange dans la nature en se disant que « c'est organique, ça va se décomposer », c'est un geste que presque tout le monde a fait. Et c'est une erreur, pour deux raisons.
La décomposition est très lente en altitude
Le froid, l'altitude et le climat ralentissent énormément la dégradation. Une peau de banane ou une écorce d'agrume peut rester visible des mois, parfois plus d'un an, là où en plaine elle disparaîtrait en quelques semaines. Pendant tout ce temps, elle traîne, elle se voit, et elle donne à ceux qui passent l'impression qu'ici, on peut jeter.
Ce n'est pas la nourriture des animaux sauvages
Nos restes attirent la faune, la déséquilibrent et l'habituent à une nourriture qui n'est pas la sienne. Un animal qui apprend à se nourrir des déchets humains change de comportement, et jamais pour son bien.
La règle est donc la même pour une épluchure que pour un emballage : elle redescend dans le sac à déchets. Un déchet organique reste un déchet.
Nos engagements
Notre part du chemin
Difficile de demander aux autres un effort qu'on ne fait pas soi-même. Alors quelques mots sur ce que la Coopérative a engagé, parce que ça donne son sens à cet article.
En 2026, Sherpa a signé la charte montagne Zéro Déchets Sauvages 2030 avec Mountain Riders. Concrètement, cet engagement porte sur l'impact des emballages et des déchets, à l'échelle des magasins comme de la coopérative, et l'ensemble des salariés et coopérateurs sont formés et sensibilisés à ces enjeux. Ce n'est pas un logo sur une vitrine, c'est un cadre d'action.
Cet engagement en prolonge un autre, plus ancien et très concret : nos magasins reprennent et remboursent les produits non consommés en fin de séjour, s'ils ont été conservés dans leur emballage d'origine. L'idée est simple : plutôt que de jeter ce qu'on n'a pas mangé avant de rentrer, on le rapporte. Moins de gaspillage, moins de déchets.
Pense-bête
Le pique-nique propre en pratique
De quoi transformer les principes en gestes concrets, pour cet été.
Étape 1
Avant de partir
Préparez le repas dans des boîtes réutilisables, remplissez les gourdes, glissez couverts, serviette en tissu et un sac vide pour les déchets. Prévoyez au plus juste : ce qu'on n'emporte pas ne risque pas d'être abandonné.
Étape 2
Sur place
Installez-vous sans rien piétiner d'inutile, mangez, et gardez tous vos déchets dans leur sac au fur et à mesure, sans attendre le rangement final où tout s'envole.
Étape 3
Avant de repartir
Le geste qui fait la différence : faites le tour de l'endroit où vous étiez, regardez par terre, ramassez ce qui traîne, y compris ce qui n'est pas à vous. Un site quitté plus propre qu'à l'arrivée, c'est la meilleure définition du pique-nique réussi.
Et le petit geste en plus : beaucoup de randonneurs engagés emportent un sac supplémentaire pour ramasser un ou deux déchets croisés en chemin. Ça ne coûte rien et ça change vraiment l'état des sentiers d'une saison à l'autre.
Pour connaître les règles locales de collecte, les points de tri et les initiatives de nettoyage près de chez vous, renseignez-vous auprès de votre office de tourisme.
Questions fréquentes
Foire aux questions
Peut-on laisser les déchets organiques dans la nature en montagne ?
Non. En altitude, le froid ralentit énormément la décomposition : une peau de banane ou une écorce d'agrume peut rester visible des mois, voire plus d'un an. De plus, ces restes attirent et déséquilibrent la faune sauvage. Une épluchure se remporte, exactement comme un emballage.
Comment réduire ses déchets de pique-nique en randonnée ?
Le plus efficace est de miser sur le réutilisable : gourde plutôt que bouteille jetable, boîte hermétique plutôt que film ou aluminium, couverts et serviette en tissu. Acheter à la coupe la juste quantité, sans suremballage, réduit aussi les déchets avant même le départ.
Que faire de ses déchets s'il n'y a pas de poubelle sur le sentier ?
On les remporte. Le principe de base en montagne est que tout ce qui monte redescend : un petit sac dédié dans le sac à dos permet de tout garder jusqu'à une vraie poubelle en bas. C'est la seule solution, et c'est aussi la plus simple.
Sherpa fait-il quelque chose contre les déchets en montagne ?
Oui. En 2026, la Coopérative a signé la charte Zéro Déchets Sauvages 2030 avec Mountain Riders, qui engage magasins et coopérateurs sur la réduction des emballages et des déchets. Les magasins reprennent aussi et remboursent les produits non consommés en fin de séjour, pour limiter le gaspillage.
Le plus beau des paysages ne tient qu'à un fil : le respect de ceux qui le traversent. Un pique-nique zéro déchet, ce n'est pas une contrainte, c'est juste une façon de rendre à la montagne l'état dans lequel on aimerait toujours la trouver. Et vous, qu'avez-vous déjà remporté qui n'était pas à vous ?