
Carnet sport
Comment faire du trail en montagne quand on débute ?
Se lancer dans le trail en montagne quand on débute, c'est accessible à condition de bien choisir sa station et ses premiers itinéraires, de s'équiper malin et de ne rien négliger côté sécurité. Voici comment démarrer sereinement, du choix du parcours aux secours à connaître en cas de pépin.
Courir en pleine nature, avaler un sentier entre les alpages et arriver en haut avec la vallée à ses pieds : le trail en montagne a de quoi séduire. Et bonne nouvelle, on peut tout à fait s'y mettre en débutant. À condition de ne pas confondre trail et course à pied classique : ici, le terrain monte, descend, tourne, et la météo comme l'altitude ajoutent leur grain de sel.
Débuter le trail en montagne, ça se prépare : choix de la station et des itinéraires, matériel adapté, éventuellement quelques cours, et surtout les bons réflexes de sécurité. L'été, quand les sentiers sont dégagés, est la meilleure saison pour découvrir la montagne en courant. On vous guide pas à pas.
Le point de départ
Quelle expérience faut-il pour débuter ?
Pas besoin d'être un coureur confirmé, mais un minimum de base aide vraiment. L'idéal : savoir courir 30 à 45 minutes sur du plat sans s'arrêter, et être à l'aise pour marcher plusieurs heures en montagne. En trail, on alterne d'ailleurs course et marche : en montée, tout le monde marche, même les experts. Si vous randonnez déjà, vous avez la moitié du chemin de fait.
Deux points de vigilance quand on débute : la descente, qui sollicite fortement les cuisses et les articulations et où se produisent la plupart des chutes, et l'altitude, qui essouffle plus vite qu'en plaine. On commence donc modestement, quitte à marcher beaucoup les premières sorties. En cas de doute sur votre forme, un avis médical avant de vous lancer n'est jamais superflu.
Le bon terrain
Choisir sa station, ses itinéraires et leur difficulté
Le bon terrain de jeu fait tout quand on débute. Beaucoup de stations de montagne ont aujourd'hui de vrais « espaces trail » avec des parcours balisés et cotés par couleur, comme les pistes de ski. C'est le point de départ idéal.
Privilégier une station avec espace trail balisé
Un espace trail labellisé propose des boucles balisées, une carte des parcours et souvent un point d'accueil. On sait où on va, on ne se perd pas, et on choisit sa distance selon la forme du jour. Renseignez-vous à l'office de tourisme : en été, il y a souvent des sorties découverte encadrées.
Lire la difficulté : distance, dénivelé et pente
En trail, la distance ne dit pas tout : c'est le dénivelé (le nombre de mètres qu'on grimpe) et la pente qui font la difficulté. Un parcours de 8 km avec 600 m de montée est bien plus dur qu'un 12 km presque plat. Comme au ski, fiez-vous aux couleurs : vert et bleu pour débuter, rouge et noir plus tard.
- Vert (découverte) : 3 à 6 km — moins de 200 m de dénivelé positif.
- Bleu (facile) : 6 à 10 km — 200 à 400 m.
- Rouge (soutenu) : 10 à 18 km — 400 à 800 m.
- Noir (expert) : plus de 18 km — plus de 800 m.
Pour vos toutes premières sorties, un parcours vert ou bleu, plutôt le matin quand il fait frais, avec un point d'eau ou un retour facile, est parfait. On garde toujours un peu de marge : mieux vaut finir en voulant continuer que rentrer épuisé.
Se faire accompagner
Prendre des cours ou faire appel à un moniteur
On peut débuter seul sur un parcours balisé facile, mais quelques séances encadrées font gagner un temps fou et évitent les mauvaises habitudes. Un moniteur aguerri vous apprend l'essentiel : comment gérer l'effort en montée, poser les pieds en descente, utiliser des bâtons, doser son allure et lire le terrain.
En station, plusieurs options s'offrent à vous : les moniteurs de trail diplômés et les accompagnateurs en montagne proposent des sorties d'initiation, individuelles ou en petit groupe. Beaucoup d'offices de tourisme organisent aussi des séances collectives l'été, souvent à petit prix. C'est particulièrement recommandé si vous ne connaissez pas le secteur : le professionnel choisit un itinéraire adapté et veille à la sécurité pendant que vous vous concentrez sur le plaisir de courir.
Bien s'équiper
Le matériel : quoi acheter, quoi louer, quoi se faire conseiller
Le trail demande peu de matériel, mais un matériel bien choisi. Le meilleur réflexe pour débuter : pousser la porte d'une enseigne de sport de station et se faire conseiller par un vendeur qui court lui-même. Il vous orientera selon votre pied, votre gabarit et le terrain.
- Les chaussures de trail : l'achat prioritaire, avec une semelle crantée qui accroche. C'est le poste sur lequel il ne faut pas lésiner ni improviser — la logique est proche de celle du choix d'une bonne chaussure de randonnée.
- Le sac ou gilet d'hydratation : pour emporter eau, en-cas, veste et téléphone sans être gêné. Idéal à essayer, voire à louer ou emprunter pour tester avant d'acheter.
- Les bâtons de trail : une aide précieuse en montée et pour soulager les descentes. Beaucoup de loueurs de matériel en proposent : parfait pour voir si on aime avant d'investir.
- Une veste coupe-vent imperméable : légère et compressible, à garder toujours dans le sac : en montagne, le temps tourne en quelques minutes.
Côté ravitaillement, pas besoin de produits sophistiqués pour débuter : de l'eau, quelques fruits secs et des barres suffisent. Et pour se régaler après l'effort, le supermarché Sherpa de la station est le repère gourmand du coin : produits de saison, planches de charcuterie et de fromages de Savoie, glaces et bières de Savoie pour savourer la sortie sur la terrasse — avec modération.
En trail, le débutant qui marche en montée et lève le pied en descente progresse plus vite, et plus longtemps, que celui qui veut tout courir tout de suite.
La sécurité
Protections, sac de secours et qui prévenir en cas d'accident
Des protections obligatoires ?
Pour le trail loisir, il n'existe pas de protection légalement obligatoire, contrairement au vélo par exemple. Pas besoin de casque ni de coudières sur un sentier de course. La vraie sécurité tient dans de bonnes chaussures, une allure raisonnable en descente et un sac bien garni. En revanche, si vous vous inscrivez un jour à une course officielle, l'organisateur impose un « matériel obligatoire » à emporter : veste imperméable, couverture de survie, sifflet, réserve d'eau et téléphone. Autant prendre ces bonnes habitudes dès le début.
Quoi emporter avec soi et laisser dans la voiture
- Sur soi (dans le sac) : téléphone chargé, couverture de survie, sifflet, petite trousse de premiers soins (pansements, bande, désinfectant), veste imperméable, eau et un en-cas. C'est le nécessaire pour tenir en attendant les secours si l'on tombe ou si le temps se gâte.
- Dans la voiture : une trousse de secours plus complète, des vêtements de rechange secs et chauds, de l'eau en réserve, de quoi grignoter et se réhydrater, et des tongs ou chaussures confortables pour reposer les pieds au retour.
- Avant de partir : prévenez toujours un proche de votre itinéraire et de votre heure de retour prévue. Un simple message fait toute la différence si vous ne rentrez pas.
Quels secours prévenir en cas d'accident
En cas d'accident en montagne, le numéro à composer est le 112, numéro d'urgence européen qui fonctionne partout et même sans réseau de votre opérateur si un autre est disponible. Il vous mettra en relation avec les secours compétents, en montagne le PGHM (gendarmerie) ou les CRS montagne. Le 15 (SAMU) et le 18 (pompiers) fonctionnent aussi. On détaille tout dans notre guide pour appeler les secours en montagne.
Au téléphone, indiquez précisément où vous êtes (nom du sentier, de la station, point de repère, altitude), ce qui s'est passé et l'état de la personne, puis ne raccrochez pas avant qu'on vous le dise. Pensez à activer la localisation de votre téléphone : certaines applications de secours en montagne permettent d'être géolocalisé rapidement. Et gardez votre batterie : en cas de doute, on appelle tôt plutôt que tard.
Questions fréquentes
Foire aux questions
Faut-il déjà savoir courir pour se mettre au trail ?
Un minimum aide : savoir courir 30 à 45 minutes sur du plat et être à l'aise pour marcher en montagne. Mais en trail, on marche systématiquement les montées, même à haut niveau. Si vous randonnez régulièrement, vous pouvez débuter en alternant marche et course sur des parcours faciles, puis courir de plus en plus au fil des sorties.
Le port du casque ou de protections est-il obligatoire en trail ?
Non, aucune protection n'est légalement obligatoire pour le trail loisir : ni casque, ni coudières. La sécurité repose surtout sur de bonnes chaussures, une allure prudente en descente et un sac de secours bien garni. Les courses officielles, elles, imposent un matériel obligatoire (veste, couverture de survie, sifflet, eau, téléphone) qu'il est malin d'adopter dès le début.
Quel numéro appeler en cas d'accident en montagne ?
Composez le 112, numéro d'urgence européen valable partout, qui vous oriente vers les secours en montagne (PGHM ou CRS montagne). Indiquez votre localisation la plus précise possible, la nature de l'accident et l'état de la personne, et ne raccrochez pas avant qu'on vous le demande. Le 15 (SAMU) et le 18 (pompiers) fonctionnent également.
Vaut-il mieux louer ou acheter son matériel de trail pour débuter ?
Les chaussures s'achètent, en se faisant conseiller : c'est l'équipement clé et il doit être à votre pied. Pour le reste (bâtons, sac ou gilet d'hydratation), la location ou l'emprunt est parfait pour tester avant d'investir. Beaucoup d'enseignes de sport de station proposent ce service et vous guident selon le terrain et votre niveau.
Une station adaptée, un parcours vert pour commencer, de bonnes chaussures et un sac de secours dans le dos : le trail en montagne s'apprivoise en douceur. Et vous, quel sera votre premier sentier pour vous lancer cet été ?