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Appeler les secours en montagne : les bons réflexes pour agir efficacement
Savoir comment appeler les secours en montagne, c'est rassurant et, le jour venu, ça permet une arrivée des secours dans les meilleures conditions. C'est un réflexe qui peut sauver des vies : connaître le 112, préparer ses informations et maîtriser quelques gestes de base.
Une chute, une entorse, un malaise ou un accident plus grave : ces situations, bien que rares, peuvent survenir même sur un itinéraire familier. Dans ces moments critiques, la préparation et les bons réflexes font toute la différence.
Paniquer, c'est perdre du temps. Être organisé, c'est maximiser les chances de recevoir une aide rapide et adaptée. Voici la marche à suivre, du numéro à composer aux gestes à connaître en attendant l'arrivée des secours.
Le numéro à connaître
Le 112, le numéro à retenir en priorité
En France comme dans toute l'Europe, le 112 est le numéro d'urgence unique. Gratuit, accessible même depuis un téléphone verrouillé, il fonctionne même avec un réseau faible ou partagé par un autre opérateur. C'est un avantage crucial en montagne, où la couverture réseau varie selon les vallées et les conditions météo.
- Le 112 fonctionne sans carte SIM (même sans forfait).
- Il peut être composé même sans réseau visible : le téléphone cherche automatiquement un signal.
- Il met en relation avec les secours adaptés (Pompiers, SAMU, PGHM selon la situation).
Avant de composer
Préparer son appel : les éléments à avoir sous la main
Avant même de composer le 112, rassemblez les informations clés pour gagner du temps et éviter les oublis. Voici ce qu'il faut avoir en tête ou noter à l'avance.
Localisation précise
- Massif montagneux (Massif du Mont-Blanc, Vercors, Écrins…).
- Nom du sentier ou du GR® (GR20, Tour du Mont-Blanc…).
- Point de repère visible (refuge, lac, sommet, panneau…).
- Altitude approximative, si possible.
- Coordonnées GPS, si vous avez un GPS ou une appli comme IGN Rando ou Fatmap.
Informations sur la victime
- Nombre de personnes impliquées.
- Âge approximatif et état apparent (conscient ou inconscient, saignement, douleur…).
- Cause probable de l'accident (chute, malaise, blessure…).
Conditions météo sur place
- Vent, pluie, brouillard, neige ?
- Température ressentie (froid intense ?).
Matériel disponible
- Couverture de survie ?
- Trousse de secours ?
- Téléphone portable avec batterie chargée ?
Astuce : gardez une fiche pré-remplie dans votre sac (ou dans votre téléphone) avec ces informations. En cas de stress, vous n'aurez pas à chercher.
En ligne avec le 112
Pendant l'appel : comment répondre aux questions des secours ?
Une fois en ligne avec un opérateur, rester calme et méthodique est essentiel. Voici les informations prioritaires à transmettre, dans l'ordre.
- Présentation et localisation. « Bonjour, je suis [prénom], je me trouve dans [massif / nom du sentier] près de [point de repère]. Nous sommes à [altitude] mètres. Coordonnées GPS : [X, Y] si disponibles. »
- Description de la situation. « Il y a [nombre] personnes impliquées. Une personne présente [saignement, perte de connaissance, douleur intense…]. La cause probable est [chute / entorse / malaise]. Les conditions météo sont [décrivez]. »
- État de la victime et actions déjà entreprises. « La personne est [allongée / assise / consciente / inconsciente]. Nous avons [appliqué une compression / une attelle / couvert la personne avec une couverture de survie]. »
- Besoins immédiats. « Nous avons besoin [d'un hélicoptère / d'une équipe médicale / d'un brancard] car [blessure grave, impossibilité de bouger…]. »
Ne raccrochez pas avant la fin de l'appel : l'opérateur peut vous demander des précisions ou vous donner des consignes supplémentaires, par exemple « restez en PLS si la personne est inconsciente ».
Économisez la batterie
- Mettez votre téléphone en mode avion entre les appels.
- Désactivez le Wi-Fi et les données mobiles.
- Utilisez une batterie externe si possible.
En attendant l'arrivée
En attendant les secours : les gestes à connaître
Même sans formation secouriste, certains gestes simples peuvent stabiliser une victime et lui sauver la vie. Voici les réflexes à adopter.
Si la victime est inconsciente mais respire : la PLS
La Position Latérale de Sécurité (PLS) permet d'éviter l'étouffement en cas de vomissements et de maintenir les voies respiratoires libres.
- Allongez la victime sur le dos, sur une surface stable (sol, sac à dos…).
- Pliez son bras le plus proche de vous à angle droit, paume vers le haut.
- Passez son autre bras devant sa poitrine et placez sa main contre sa joue (côté opposé à vous).
- Pliez sa jambe la plus éloignée pour former un angle à 90°.
- Tirez doucement la jambe pliée vers vous pour faire rouler la victime sur le côté.
- Ouvrez sa bouche pour permettre l'écoulement des liquides.
- Vérifiez régulièrement sa respiration et couvrez-la pour la protéger du froid.
À éviter : ne pas déplacer la victime sauf danger immédiat (éboulement, risque d'avalanche…), et ne pas lui donner à boire ou à manger.
Utiliser une couverture de survie
Une couverture de survie (ou couverture isotherme) est un outil simple mais extrêmement efficace pour : limiter l'hypothermie (même en été, la température chute vite en altitude), protéger du vent et de la pluie, et renvoyer la chaleur corporelle (côté doré vers l'extérieur en cas de chaleur, côté argenté vers l'extérieur en cas de froid).
- Dégagez la victime de tout contact avec le sol humide ou froid.
- Enveloppez-la complètement, en laissant la tête découverte.
- Si possible, placez-la sous un abri (rocher, tente, sac à dos retourné).
Astuce : gardez toujours une couverture de survie dans votre sac à dos, même pour une randonnée courte.
Autres gestes utiles
- Compression d'une blessure : appuyez fermement avec un tissu propre pour stopper un saignement.
- Immobilisation d'une fracture : utilisez une branche ou un bâton en guise d'attelle, maintenu avec une écharpe ou une sangle.
- Surveillance constante : parlez à la victime pour maintenir son état de conscience.
En montagne, mieux vaut une fausse alerte qu'un secours trop tardif. Paniquer fait perdre du temps ; s'organiser sauve des vies.
Questions fréquentes
Foire aux questions
Quel numéro appeler en cas d'urgence en montagne ?
Le 112 est le numéro unique en Europe. Il vous met en relation avec les Pompiers (18), le SAMU (15) ou le PGHM (Peloton de Gendarmerie de Haute Montagne) selon la situation. À éviter : le 17 (police/gendarmerie), peu adapté aux secours médicaux, et le 114 (SMS d'urgence), réservé aux personnes qui ne peuvent pas parler et moins efficace que l'appel vocal.
Que faire si le téléphone n'a plus de réseau du tout ?
Déplacez-vous vers un point plus haut ou dégagé (colline, crête), essayez le téléphone d'un autre membre du groupe, tentez un SMS au 112 (certains réseaux le permettent sans signal vocal), laissez un message vocal si possible, et rapprochez-vous d'un refuge ou d'un point fréquenté. En dernier recours, si personne ne peut donner l'alerte, quittez le groupe pour chercher du réseau, sans trop vous éloigner du blessé.
Faut-il rester sur place en attendant les secours ?
Oui dans la grande majorité des cas, sauf danger immédiat (éboulement, risque d'avalanche, tempête), nécessité d'aller chercher de l'aide ou de trouver un abri. Si vous restez sur place : restez visibles (vêtements colorés, miroir ou lampe), allumez votre lampe frontale à la tombée de la nuit et gardez le téléphone allumé tout en économisant la batterie.
Comment les secours nous localisent-ils ?
Les hélicoptères (PGHM, Sécurité Civile) s'appuient sur le GPS si vous avez donné vos coordonnées, sur le repérage visuel (votre position, vos vêtements, un signal fumigène ou lumineux) et sur les balises de détresse (type RECCO ou PLB, Personal Locator Beacon). Si vous avez une balise de détresse, activez-la immédiatement en plus de l'appel au 112.
Que faire si la victime ne respire plus ?
Commencez un massage cardiaque si vous savez faire, utilisez un défibrillateur s'il y en a un, et gardez le 112 en haut-parleur pour suivre les consignes des secours. Même sans formation, le massage cardiaque sauve des vies : 30 compressions au centre de la poitrine à un rythme de 100 à 120 par minute, et 2 insufflations (bouche-à-bouche) si vous êtes formé.
Quand faut-il appeler les secours en montagne ?
Sans hésiter en cas d'urgence vitale : inconscience, arrêt respiratoire ou cardiaque, hémorragie importante, fracture ouverte, brûlures graves, hypothermie ou coup de chaleur. À signaler aussi pour des cas moins urgents mais nécessitant une évacuation : entorse grave, luxation, malaise sans perte de connaissance. La règle d'or : mieux vaut une fausse alerte qu'un secours trop tardif.
Pour aller plus loin
Prévention et bonnes pratiques
Ces réflexes sauvent des vies, mais la meilleure urgence, c'est celle qu'on évite. Quelques habitudes suffisent à limiter les risques.
Préparez votre randonnée
- Consultez la météo (Météo France, Météo des Alpes).
- Choisissez un itinéraire adapté à votre niveau.
- Informez un proche de votre parcours et de votre heure de retour.
Équipez-vous correctement
- Des chaussures de randonnée adaptées au terrain.
- Des vêtements chauds et imperméables.
- De l'eau et de la nourriture (au moins 1,5 L d'eau par personne).
- Un téléphone chargé et une batterie externe.
- Une couverture de survie et une trousse de secours.
Respectez les règles de sécurité
- Ne partez pas seul.
- Restez sur les sentiers balisés.
- Adaptez votre rythme à la météo et à votre forme physique.
Appeler les secours en montagne n'est pas une fatalité, mais une responsabilité partagée. En connaissant le 112, en préparant vos informations et en maîtrisant les gestes de base, vous augmentez considérablement les chances de survie d'une victime. Et vous, avez-vous déjà été confronté à une situation d'urgence en montagne ?