Si le chasselas avec la cuvée tradition et Clos de Pont occupe presque tout l'espace, depuis 6 ans le domaine élabore un crémant composé de chasselas 40%, de jacquère (30%) et d'altesse (30%) ainsi qu'un vin rouge issu de pinot noir.
Sans oublier une autre cuvée de chasselas ''les grands oncles'', élaborée tous les 2 ou 3 ans, en hommage aux 2 frères de Claude, curés de leur état : ils venaient prêter main forte à la vigne et entretenaient les murets.
Accord Mets-Vins :
Poissons de lac simplement poêlés ou en terrine.
Viande blanche, fromages de Savoie type beaufort.
Samuel et Benoît Delalex
Vignerons de l'année au Guide Hachette des Vins 2026
À la tête d'un domaine de 9 ha situé dans le Chablais en Haute-Savoie tout près du Lac Léman, les deux frères Delalex, Samuel (53 ans) et Benoît (49 ans), exploitent presque la moitié des vignes plantées en chasselas à Marin, l'un des plus petits crus AOP Savoie. Dans le très délicat millésime 2024, ils ont obtenu deux étoiles pour la cuvée tradition et un coup de cœur pour la sélection parcellaire Clos de Pont.
Du chasselas, raisin aux grains jaune ambré, à la peau fine et résistante, on aime la saveur délicate et sucrée. Mais en Haute-Savoie comme en Suisse, on ne le mange pas, on le vinifie. Crépy, Ripaille, Marignan et Marin sont les quatre crus de Savoie entièrement voués à ce cépage blanc. Guère plus de 100 hectares. Autant dire un vin confidentiel que les vignerons défendent contre vents et marées, à l'instar de Samuel et Benoît Delalex, qui entendent poursuivre l'œuvre de Claude, leur père, disparu en 2023. ''C'est notre père qui aurait mérité d'être le vigneron de l'année, comme il aurait été fier, c'est lui qui a entrepris de défricher et de replanter un coteau abandonné par les anciens, trop pentu, trop dur à travailler'', reconnaît Samuel, installé en 1995 et titulaire d'un BTS viti-oeno à Beaune. Quant à Benoît, professeur de sport dans le Nord, il a rejoint le domaine en 2010, après avoir passé un brevet professionnel. Le Chablais lui manquait, le chasselas aussi, la famille encore plus. Aujourd'hui, ils n'ont de cesse d'élaborer le meilleur chasselas possible, fuyant les salons, cantonnés à leurs vignes qu'ils bichonnent à la manière des bios sans toutefois en revendiquer le label. Car certaines années, un traitement conventionnel s'impose sauf à tout perdre ! Ce fut le cas en 2024, '' printemps très pluvieux, 3 semaines de pluies en juillet ! une année de galère, la pire depuis 30 ans '', avoue Samuel. La vigne, c'est à un jour près, le boulot avant les loisirs ! Et c'est ainsi que la vendange fut sauvée et donna l'un des plus beaux chasselas de la région et de l'année.
Situés juste au-dessus de la Drance et protégés des vents du Nord, les coteaux de Marin constitués de sols limoneux et calcaires drainants, issus de moraines glaciaires, offrent au chasselas un terroir de choix. Si la cuvée tradition reflète l'ensemble du domaine, Clos de Pont provient d'une seule parcelle en très forte pente, avec beaucoup de galets et très peu d'argiles. Ainsi nommée pour rappeler le pont qui enjambait la rivière autrefois, cette cuvée donne un vin blanc sec très élégant, salin, à attendre pour qu'il s'exprime. Chez les Delalex, on perpétue la tradition : afin de sublimer les arômes de fleurs blanches, aubépine et acacia ainsi que la fraîcheur des saveurs du chasselas, on ne pratique pas la fermentation malolactique, on ne laisse pas de sucres résiduels, on n'utilise pas le fût . ''On n'a jamais suivi la mode des vins trop souples ou boisés, nos chasselas sont légers, friands, faciles à boire et finalement très tendance !'' relève Benoît. Heureux paradoxe ! Des vins blancs qui ont le vent en poupe et, ce qui ne gâche rien, accessibles à toutes les bourses, comme le voulait Claude Delalex.