
Carnet décalé
Les personnages qu'on croise en station en intersaison
L’habitant qui respire enfin, le saisonnier et ses trois valises, le randonneur en short au mois d'octobre, le chien qui contrôle la rue principale : la galerie complète des personnages de l'intersaison. Vous êtes forcément l'un d'eux.
En pleine saison, une station est une foule. En intersaison, c'est un village — et un village, ça se lit. Il suffit de s'asseoir vingt minutes sur un banc de la rue principale pour voir passer toute la distribution.
Voici la galerie des personnages de l'intersaison, dressée avec beaucoup d'affection et un peu de mauvaise foi. Vous êtes forcément l'un d'eux. Nous aussi.
Épisode 1
Ceux qui restent
Ce sont eux qui font la station quand il n'y a plus personne à servir. Et ils ne s'en plaignent pas.
- L'habitant qui respire enfin : il se gare devant chez lui pour la première fois depuis juillet. Il dit « c'est calme, hein » avec un sourire qui n'a rien de nostalgique, et il retrouve sa place au comptoir sans avoir à la demander.
- Le Coopérateur qui compte ses palettes : pendant que la station se repose, il range la réserve au centimètre et goûte les nouveautés que lui proposent les producteurs de la vallée.
- Le technicien des remontées : harnaché en haut d'un pylône, il fait la maintenance que personne ne voit. Il connaît la station sous un angle que même les habitués n'auront jamais.
- Le berger qui redescend : il ferme l'estive, ramène le troupeau, et croise dans la rue principale des gens en tenue de sport qui photographient ses vaches. Belle reconnaissance.
Épisode 2
Ceux qui arrivent
Novembre approche, et la station commence à se remplir par le bas : pas encore de vacanciers, mais des gens qui viennent y travailler.
- Le saisonnier et ses trois valises : il arrive avec une vie compressée dans un coffre de citadine — dont une paire de skis, ses doudounes et la plante verte qu'il est très fier d'avoir gardée en vie l'hiver dernier.
- Le saisonnier qui revient pour la cinquième fois : il connaît tout le monde, sait quel logement chauffe mal, et donne des conseils aux nouveaux avec l'autorité tranquille d'un ancien. Ils sont nombreux : dans notre réseau, 75 % des saisonniers reviennent d'une saison à l'autre — les postes sont sur la page Travailler chez Sherpa.
- Le nouveau responsable de rayon : il apprend la coupe, la caisse, la cuisson du pain et les prénoms de tous les habitués. Il ne le sait pas encore, mais il reviendra.
- Le prestataire pressé : plombier, électricien, peintre : il a six chantiers avant l'ouverture et il court d'un chalet à l'autre. C'est lui le vrai maître du calendrier.
Une station en intersaison, c'est le seul moment où tout le monde a le temps de se dire bonjour.
Épisode 3
Ceux qui passent
Et puis il y a les visiteurs de l'intersaison, une espèce à part : ils ne viennent pas pour la même chose que ceux de février.
- Le randonneur en short au mois d'octobre : il faisait 18 °C au parking. Il fait 4 °C au col, avec du vent. On l'aperçoit qui redescend au pas de course, très concentré.
- Le photographe de mélèzes : il guette la lumière de 17 h depuis quatre jours, connaît le nom de chaque combe et vous expliquera volontiers, longuement, pourquoi c'est mieux au lever du soleil.
- Le télétravailleur en quête de wifi : il a promis à son employeur que la connexion serait « très correcte ». Il fait désormais ses réunions debout, dans le seul angle du chalet où les barres tiennent.
- Le couple qui a trouvé le bon plan : même vue qu'en février, moitié moins cher, personne sur les sentiers. Ils ne le diront à personne — ou alors ils liront notre plaidoyer pour les semaines calmes et se sentiront trahis.
- La famille de la Toussaint : quatre enfants dotés d’une capacité impressionnante à trouver toutes les flaques d’eau.
Épisode 4
Et les habitants à quatre pattes
Ce sont eux les plus heureux.
- Le chien du village : il connaît son territoire, contrôle les entrées et sorties, et vous escorte jusqu'au bout de la rue principale avant de rentrer, mission accomplie.
- Les vaches de la désalpe : elles traversent la station avec la lenteur de celles qui savent que tout le monde attendra. Les cloches s'entendent trois vallées plus loin.
- Le cerf qui brame la nuit : il occupe l'espace sonore de la mi-septembre à la mi-octobre. On l'écoute de loin, sans lampe et sans s'approcher — c'est une période sensible, comme le rappelle notre article sur la faune et la flore de montagne.
- Le chamois du parking : il descend brouter là où il n'y a plus de voitures, regarde longuement les rares humains, et repart sans se presser. C'est son mois à lui aussi.
Le point commun
Le seul endroit où tout le monde se croise
Il y a pourtant un endroit où tous ces gens se croisent, et un seul : le super marché ouvert de la station. Le local qui vient chercher son pain, le saisonnier qui découvre les rayons, le photographe qui prend un sandwich préparé maison, la famille qui compose une planche pour le soir, le prestataire qui passe à 12h55.
C'est aussi pour ça qu'une partie du réseau de la Coopérative reste ouverte quand la station se met en veille : 37 super marchés Sherpa fonctionnent toute l'année, et les horaires d'intersaison sont indiqués point de vente par point de vente sur la page de nos super marchés.
Une station vide n'existe pas : elle est juste rendue à ceux qui y vivent et y travaillent, réparent et préparent et à quelques visiteurs qui vouent une passion pour la montagne en cette saison. Vous, vous êtes lequel ?