
Carnet nature
La faune et la flore de la montagne en été : ce qui vit, pousse et s'éveille en altitude
Il suffit de s'arrêter cinq minutes sur un sentier d'altitude en juillet pour comprendre que la montagne est tout sauf silencieuse. Un sifflement, une tache bleue dans l'herbe, un vol plané au-dessus du couloir : la faune et la flore de montagne en été composent un spectacle discret mais généreux.
Pour peu qu'on prenne le temps de regarder, la montagne d'été révèle un monde vivant : marmottes, chamois, edelweiss, myrtilles sauvages. Voici un tour d'horizon de ce qui pousse, vole et se cache dans les alpages.
Faune
Les animaux emblématiques des alpages
La marmotte est sans doute l'animal le plus facile à observer en station l'été. Elle s'installe volontiers à proximité des sentiers balisés, creuse ses terriers dans les prairies d'altitude et émet ce sifflement caractéristique qu'on finit par guetter dès qu'on pose le pied sur un alpage. Les enfants en sont souvent fous, et c'est souvent leur premier vrai contact avec la faune sauvage.
Plus discret, le chamois se repère surtout tôt le matin ou en fin de journée, sur les flancs rocheux et les zones d'herbe courte. Le bouquetin, lui, se rencontre davantage dans les zones protégées et les hauts alpages. Sa silhouette imposante et ses cornes recourbées en font l'un des symboles les plus forts de la montagne alpine.
Du côté des oiseaux, le milieu alpin est particulièrement riche. Le chocard à bec jaune tourne souvent autour des terrasses de refuge, habitué à la présence humaine. Le tétras-lyre, plus rare, se cache dans les landes à myrtilles. Et l'aigle royal, qu'on aperçoit en cercles lents au-dessus des crêtes, reste l'une des émotions visuelles les plus fortes qu'on puisse avoir en randonnée.
Flore
Une flore qui s'adapte à l'extrême
Froid, vent, sols pauvres, enneigement prolongé : les plantes de montagne ont développé des stratégies fascinantes pour survivre et fleurir en un temps record.
L'edelweiss est la plus célèbre, presque devenue un symbole. Elle pousse sur les pentes calcaires exposées, souvent difficiles d'accès, ce qui lui a valu une réputation romantique bien méritée. Le génépi, lui, est une plante aromatique des éboulis et des rochers, récoltée traditionnellement pour la fabrication de liqueurs alpines. On le retrouve d'ailleurs dans plusieurs produits locaux qu'on croise en station, comme la gelée de pomme au génépi ou certains cidres artisanaux.
Les prairies d'altitude en juillet sont un vrai spectacle : gentianes bleues, anémones des Alpes, pensées sauvages, arnicas dorées. La diversité des espèces varie selon l'exposition, l'altitude et la nature du sol, ce qui fait que deux alpages voisins peuvent offrir des palettes de couleurs très différentes.
Pour ceux qui séjournent en station et souhaitent prolonger cette découverte dans l'assiette, notre article sur les produits de saison à acheter en supermarché de montagne montre comment les saveurs alpines se retrouvent dans les produits locaux des rayons.
Le goût d'une poignée de myrtilles cueillie au bord du chemin en dit parfois plus long que n'importe quel discours sur la montagne.
Écosystème
La forêt de montagne, un écosystème à part
Entre la vallée et les alpages, la forêt de montagne joue un rôle souvent sous-estimé. Mélèzes, épicéas, pins cembros : chaque étage de végétation a ses espèces, ses ambiances, ses habitants. C'est dans ces zones boisées qu'on trouve les traces de cerfs et de chevreuils, qu'on entend le pic noir travailler le bois mort, qu'on croise parfois un renard au détour d'un chemin.
La forêt de montagne est aussi l'habitat des champignons, dont certains commencent à apparaître dès la fin de l'été selon l'altitude et les précipitations. Cèpes, girolles, pieds de mouton : la cueillette est une tradition bien ancrée dans les vallées alpines, et les anciens connaissent leurs coins comme leurs poches.
Cueillette
Les myrtilles et framboises sauvages : les baies au bout des doigts
Il y a un moment de l'été en montagne qu'on n'oublie pas : celui où on tombe sur un buisson de myrtilles sauvages en pleine production. Les baies sont petites, souvent cachées sous les feuilles, mais leur goût est sans commune mesure avec ce qu'on trouve en plaine. Plus intenses, légèrement acidulées, avec ce fond presque boisé qu'on ne sait pas vraiment décrire mais qu'on reconnaît immédiatement.
Les framboises sauvages poussent plutôt en lisière de forêt, sur les talus et les zones défrichées. Elles aussi ont un caractère bien à elles. Ce sont ces fruits qu'on retrouve travaillés par les producteurs locaux partenaires de Sherpa, dans des confitures ou des compotes qui gardent quelque chose de ce goût d'alpage. Pour en savoir plus sur ces producteurs et leur façon de travailler les fruits alpins, notre article sur les producteurs locaux partenaires de Sherpa leur rend un bel hommage.
Carnet de terrain
Foire aux questions
Quelle est la meilleure période pour observer la faune alpine en été ?
Les premières heures du matin et la fin d'après-midi sont les moments les plus propices. Les animaux sont plus actifs en dehors des heures chaudes, et les sentiers sont encore peu fréquentés tôt le matin, ce qui augmente les chances de rencontres.
Peut-on cueillir des plantes et des fruits sauvages en montagne ?
La cueillette est tolérée pour un usage personnel dans la plupart des zones de montagne, mais elle est encadrée. Dans les parcs nationaux et réserves naturelles, elle est strictement interdite. En dehors de ces zones protégées, la règle est de ne jamais prélever plus que ce qu'on peut consommer et de ne jamais arracher les racines.
Les animaux sauvages sont-ils dangereux pour les randonneurs ?
Dans les Alpes françaises, les rencontres dangereuses restent très rares. Le seul animal qui mérite une attention particulière est le chien de protection des troupeaux : il faut contourner les troupeaux à bonne distance et éviter les gestes brusques.
Faut-il un guide pour découvrir la faune et la flore alpine ?
Pas nécessairement, mais un accompagnateur en montagne ou un guide naturaliste enrichit considérablement l'expérience. Beaucoup de stations proposent des sorties thématiques en été, certaines spécifiquement dédiées à la botanique ou à l'observation des animaux.
La montagne en été n'a pas besoin de grands discours pour convaincre. Elle parle d'elle-même, dans le sifflement d'une marmotte, dans le bleu improbable d'une gentiane, dans le goût d'une poignée de myrtilles cueillie au bord du chemin. Et vous, quelle rencontre vous a le plus marqué lors d'une balade en altitude ?